“Is she screaming already?” — How soldiers used the “electric method” on French women

“Is she screaming already?” — How soldiers used the “electric method” on French women

 Mon cœur s’est arrêté. Les autres filles m’ont regardée. Certaines ont détourné le regard, d’autres ont murmuré des prières. Nous avons été emmenées toutes les cinq dans le bâtiment isolé, celui sans fenêtres, celui d’où provenaient les cris. À l’intérieur, il faisait chaud, une chaleur étouffante. De puissantes lampes éclairaient chaque recoin. Au centre de la pièce, une table métallique froide et angulaire, maintenue par des sangles de cuir à ses quatre coins.

  Un médecin allemand nous attendait. Chemisier blanc, lunettes rondes, visage impassible. À côté de lui se tenaient un assistant et une infirmière. Il leur parlait calmement en allemand, comme s’ils discutaient de la pluie et du beau temps. On nous ordonna de nous déshabiller entièrement devant eux, sans pudeur, sans humanité. Je tremblais. Mes mains ne m’obéissaient plus. La femme à côté de moi dans la file d’attente pleurait.

   Une autre suppliait. En français, en allemand, peu importait, elles ne réagissaient pas. Ils nous examinaient une à une comme du bétail. Le médecin prenait des notes, mesurait nos réflexes, appuyait sur certaines parties du corps et notait nos réactions. Puis il choisit la première fille, celle qui pleurait. Elle s’appelait Hélène. Elle avait vingt ans.

Ils l’ont allongé sur la table, l’ont attaché, poignets, chevilles. Elle hurlait, suppliait. Le médecin fit un signe. L’assistant apporta une machine, un boîtier métallique avec des cadrans, des fils et des pinces. Ils lui attachèrent les pinces, aux poignets, aux chevilles. Puis le médecin tourna un cadran et elle hurla comme je n’avais jamais entendu personne hurler.

  Un cri viscéral, un cri inhumain. Il l’observa, l’évalua, ajusta, puis recommença. Je fermai les yeux. Mais je ne pouvais pas me boucher les oreilles. Je ne pouvais échapper à ce son, à cette horreur. Après Hélène, ce fut le tour d’un autre, puis d’un autre encore. Ce jour-là, ils ne me choisirent pas. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être voulait-il garder certains d’entre nous intacts plus longtemps.

Peut-être avait-il déjà recueilli suffisamment de données. Mais quand je suis parti, je n’étais plus le même. Quelque chose en moi était mort. Quelque chose que je ne retrouverai jamais. J’ai vite compris que ce camp fonctionnait selon une logique. Une logique monstrueuse, certes, mais une logique tout de même. Tout était organisé, planifié, documenté.

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